Les pays où la finance islamique est dominante

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Les pays où la finance islamique est dominante

 

L’essor de la finance islamique est caractérisé par sa propagation dans plusieurs pays du monde. Cette expansion a offert des opportunités incroyables aux habitants de ces pays. Dans cet article, vous découvrirez quels sont les différents pays dans lesquels la finance islamique est dominante.

 

Asie du Sud-Est

 

Le développement de la finance islamique en Malaisie, soutenu par une forte implication de l’État, a propulsé ce pays d’environ 30 millions d’habitants au rang de centre majeur dans ce domaine. Pour favoriser son expansion, les banques islamiques malaisiennes ont été ouvertes aux investissements étrangers. La Malaisie s’est particulièrement démarquée dans le domaine des sukuks : en 2011, elle représentait environ 71 % des émissions mondiales de ces produits, soit près de 60 milliards de dollars américains. Cette prédominance malaisienne confère un avantage stratégique dans un secteur où les compétences sont rares et hautement recherchées.

L’Indonésie, le pays musulman le plus peuplé au monde avec une population estimée à 204 millions de personnes, a également bénéficié de l’essor de la finance islamique, notamment grâce à l’influence de son voisin malaisien. Les premiers produits financiers islamiques y ont été introduits au début des années 90. De même, Hong Kong et Singapour, en tant que grandes places financières de l’Asie du Sud-Est, ont tiré profit de l’engouement régional pour la finance islamique.

 

Pays du Golfe

 

La finance islamique a connu son essor le plus marqué dans les pays du Golfe, notamment sous l’influence du wahhabisme pratiqué en Arabie saoudite et au Qatar. Ce système de gestion des investissements a été fortement encouragé par ces pays, ce qui a conduit à l’émergence de grandes banques islamiques telles que Al Rahji Bank et Bank Al Jazira en Arabie saoudite, Dubai Islamic Bank et Abu Dhabi Islamic Bank aux Émirats arabes unis, ainsi que Kuwait Finance House au Koweït.

De plus, des institutions clés comme la Banque islamique de développement, basée à Djeddah en Arabie saoudite, et l’AAOFI, l’organisme de comptabilité et d’audit des institutions financières islamiques, à Bahreïn, contribuent à propager la finance islamique dans le monde. Cette région est également un centre d’innovation dans le domaine financier, élargissant continuellement la gamme de produits proposés, notamment avec l’introduction récente de l’assurance islamique.

Seuls deux pays de la région sont relativement réticents à cette évolution : le Yémen et Oman. En Oman, la première banque islamique a été établie en 2011, tandis qu’au Yémen, seulement 3 % de la population déclarent utiliser des produits de la finance islamique.

 

Afrique subsaharienne

 

Avec une pénétration du système bancaire d’environ 10 %, le marché africain reste relativement peu exploré par les institutions financières islamiques. Néanmoins, deux pays se sont distingués en ouvrant largement leurs portes à cette industrie : la Mauritanie et le Soudan, tous deux républiques islamiques cherchant à islamiser leur système financier.

Parmi les trois premiers pays s’étant engagés à adopter un système financier entièrement islamique (Soudan, Pakistan et Iran), le Soudan est le seul à avoir réalisé pleinement cette transition. Ce succès a conduit les banques à explorer le domaine des assurances, faisant du Soudan un pionnier dans le secteur des takafuls.

De son côté, le Sénégal a été un précurseur dans le domaine de la microfinance islamique, un besoin encore peu comblé par les banques islamiques. Cette initiative pourrait ouvrir la voie à une expansion significative en Afrique. Avec un taux de bancarisation encore faible, les banques conventionnelles ne possèdent qu’un avantage marginal sur les banques islamiques. Les nombreux projets d’infrastructures et la croissance démographique offrent à ces dernières un potentiel de croissance prometteur.

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Afrique du Nord

 

Malgré sa prédominance musulmane, l’Afrique du Nord ne figure pas parmi les principaux moteurs du développement de la finance islamique. Selon une enquête réalisée par le cabinet Gallup pour le compte de la Banque mondiale, seulement 35 % des Algériens et 57 % des Tunisiens sont conscients de l’existence des produits bancaires islamiques, et environ 3 % seulement de la population d’Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie et Égypte) y ont recours.

Cependant, les autorités reconnaissent désormais l’importance de cette industrie, et les réglementations évoluent pour favoriser son expansion. Malgré ses défis, l’Égypte, où le système a ses origines, abrite deux banques entièrement conformes à la charia. La Tunisie se prépare aussi à lancer ses premières obligations islamiques, tandis que le Maroc travaille sur un projet de loi visant à faciliter la création de banques islamiques.

 

Europe

 

Attirée par les perspectives de croissance du secteur, l’Europe a commencé à s’intéresser à la finance islamique dès 2004. L’Allemagne a été le premier pays à adopter ce mode de financement, mais c’est à Londres que s’est développée la véritable place financière islamique en Europe. La communauté musulmane britannique est principalement issue du Pakistan, où des tentatives (peu fructueuses) de développement d’une industrie financière totalement conforme à la charia avaient été entreprises. Cette expérience a sensibilisé la communauté à cette vision de la finance, contrairement à la communauté musulmane française, dont les origines sont davantage en Afrique du Nord.

L’attrait pour les sukuk a incité les États européens à s’y intéresser. Le premier, le Land de Saxe-Anhalt, a émis des sukuk dès 2004. Les autres pays ont tardé à suivre : le Royaume-Uni a procédé à sa première émission en octobre 2013, tandis que la France, bien que sa législation ait été modifiée en 2009, n’a pas encore eu recours à ce mode de financement. Les entreprises françaises se sont plutôt tournées vers les produits d’assurance. À l’automne 2013, Swiss Life a proposé ses premiers contrats d’assurance islamique en France, suivie début 2014 par la société luxembourgeoise Vitis Life.

 

Qu’est-ce que la finance islamique

 

La finance islamique est un système financier qui se conforme aux principes de la loi islamique, appelée la charia. Ces principes interdisent notamment l’intérêt (riba), les transactions incertaines (gharar) et les investissements dans des secteurs interdits par l’islam, tels que l’alcool, le tabac et les jeux de hasard.

Au lieu de l’intérêt, la finance islamique repose sur des partenariats où les profits et les pertes sont partagés entre les parties prenantes. Les instruments financiers islamiques incluent les sukuk (obligations conformes à la charia), les mudarabah (partenariats), les murabaha (ventes avec profit ajouté), et les takaful (assurances conformes à la charia).

L’objectif de la finance islamique est de fournir des services financiers tout en respectant les principes éthiques de l’islam.

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